1.Stun
Ces tremblements furent d’une violence incroyable, c’était la première fois que je ressentais une telle force s’abattre sur mes épaules. Mais étrangement, je ne me suis pas senti menacé, j’ai eu davantage l’impression d’être porté par cette force, plutôt que d’en être la proie, écrasé. Mon corps semblait s’apaiser tandis que tout se déchaînait au-dehors. A chaque spasme qui crispait le sol, je sentais en moi le relâchement d’une étreinte. Désormais, je me sens attiré par quelque chose, une sorte de destination que je ne connais pas et qui m’appelle au loin. Tout cela est incompréhensible mais je ne perçois rien d’hostile dans ces événements et de toute façon, c’est inévitable, nécessaire.
1.Stun
These tremors were incredibly violent, it was the first time I felt such a strength falling down on my shoulders. But strangely, I didn’t feel threatened. It was more like being carried by the force, rather than its prey, crushed. My body seemed to subside while everything outside was raging. Each spasm convulsing the ground made me feel the release of an embrace. Now I feel attracted to something, a kind of destination that is yet unknown and calling me away. None of this is understandable, but I dont perceive anything hostile in these events. In any case, this is unavoidable, it’s necessary.
2.Light
Je crois bien que la dernière fois que j’ai réussi à sourire, il pleuvait. Dans cet univers de lumière parfait, je cherche une faille, je cherche un coin d’ombre pour fermer les yeux. Mais chaque interstice se referme systématiquement, le ciel est bleu et sans pitié. Quelque part au cœur de cette activité éreintante, il devrait être possible de dénicher une oasis à l’abri du travail, de la fête et du marché. Je ne vais que de mirages en désillusions. Alors je suis fatigué. Ici le temps est arrêté, il n’y a plus de fin, nous sommes peut-être déjà après la fin. Pourquoi y aurait-il une fin à quoique ce soit, alors que nous n’avons plus prise sur rien? Tout est fluide et nous glisse des mains. La réalité est sur des rails sans fin.
2.Light
I think that the last time I managed to smile, it was raining. In this perfect world of light, I’m looking for a flaw, a shady place where I could close my eyes. But each gap closes mechanically. The sky is blue, without mercy. Somewhere in the heart of this grueling activity, there might be an oasis away from work, from this never ending party and from the market. I’m only going through mirages and disillusionment. I’m exhausted. Here, time has stopped, there is no end, we may have already overtaken the end. Why would there be an end to anything, as we have no control over anything? Everything is fluid and slipping from our hands. The reality is on never ending rails.
3.Split
Les oiseaux ont disparu. Les derniers que j’ai vus prenaient feu lorsqu’ils s’envolaient. Un soir, j’en ai aperçus traverser le ciel par nuées, formant des nuages flamboyants qui brillaient en silence à travers la nuit. Alors qu’ils s’éloignaient, ils se transformaient en une fine pluie de cendres, un voile gris et opaque qui filtrait les puissants rayons du crépuscule. Le jour s’éteignit avec eux. Au détour de ma marche j’ai croisé plusieurs trous gigantesques d’où s’échappe de la fumée. Ce sont d’énormes crevasses qui se forment à la surface de la terre, comme si celle-ci était creuse à l’intérieur et que le sol s’affaissait. Je me dis qu’une ville a pu être engloutie par l’une de ces crevasses et que ce halo de lumière est peut-être provoqué par les décombres qui brûlent au fond de celle-ci. Demain j’essaierai de l’atteindre pour voir si quelqu’un a survécu. J’ai peur d’être tombé malade.
3.Split
All the birds have disapeared. The last ones I saw set on fire as they were flying off drawing red furrows, straight firey lines going through the night, bright red clouds receding slowly, turning into a thick rain of ashes. I never thought I could shed a tear for the brightness of a demise. The day went out with them. While Walking, I saw these kinds of holes that form large cracks on the surface of the earth, as if it was so hollow inside that the ground was sinking. I guess that a city could be swallowed by one of these cracks and that this halo of light may be caused by the burning debris at the bottom of it. Tomorrow I will try to reach it to check if anyone survived. I’m afraid of getting ill.
4.Breach
C’était incroyable. Il s’agissait bien d’un puissant voile noir qui s’insinuait entre les collines du Nord-Est. Mon corps transcendé flottait dans cette direction, comme attiré par le magnétisme du tonnerre. Gravité et matière n’avaient plus d’effet sur ma trajectoire, je volais à la rencontre inévitable d’une tempête désirante. L’espoir d’un dénouement, l’espoir d’un temps, d’une fin. Oui, enfin! Le ciel entrouvrait une brèche au coeur de sa perfection mortelle, et la terre pouvait désormais accueillir ses flots.
4.Breach
It was unbelievable. Indeed, it was a powerful black veil creeping between the hills of the North-East. My transcended body was floating in that direction, as caught by the thunder’s magnetism. Gravity and matter had no effect on my path, I flew towards this unavoidable desiresome storm. The hope of a settlement, the hope of an actual time, of an end. Yes, finally! The sky was breaching the heart of its own deadly perfection. And earth could finally welcome its waters.
5.Ditch
Ce trou béant est insondable. Je ne ressens même aucun vertige car il n’y a pas de sol, pas de fond. La vie, telle que je la connaissais jusqu’alors, a abandonné ces parois. Elle a été aspirée par l’abysse. Pourtant, une gigantesque énergie se dégage. Une nouvelle force vitale me nourrit. Ici je pourrais sûrement me passer de tout, l’air est riche et le spectacle de ce monde en fusion est inépuisable. De majestueuses explosions font gracieusement voler en éclat tout ce qui existait, tout ce que je savais. J’observe mes mains creusées par la maladie, et je sens mon esprit se répandre dans les cendres incandescentes de ce monde. Je guéris.
5.Ditch
This gaping hole is unfathomable. I dont even feel dizzy as there is no soil, no bottom. Life as I knew it so far, has abandoned these walls. It was dragged into the abyss. However, a huge energy is released. A new life force feeds me. Here, I guess I wouldn’t need anything. The air is rich and the spectacle this world is giving, is inexhaustible. Majestic explosions are gracefully shattering everything that exists, everything I know. I watch my hand dug by the desease and I feel my soul spreading through the glowing ashes of this world. I’m healing.
6.Fall
Les lumières de la ville s’éteignirent d’un coup. Des éclairs aux ramifications multiples frappent la cité, qui s’écroule sur elle-même. De grandes tours, dont les sommets donnent le vertige, s’effondrent à mes pieds sans pour autant troubler ma course. J’y suis. Ces collines du Nord-Est me propulsent aux confins d’un orage oublié de l’humanité. Les fissures du sol, ces rides terrestres, creusées par la plus longue sécheresse que l’homme ait connue, ont toujours été savamment masquées. Désormais, des flots déchirant les révèlent, et elles se gorgent des eaux du ciel. Elles se transforment en geysers couchant à terre les nuages de poussières soulevés par les gravas des buildings. La lumière noire irradie les décombres et transperce toute forme de joie. Je peine à croire qu’il y a encore quelques jours, je suffoquais. Là devant mes yeux, la force des éléments construit l’oasis dont j’ai rêvé sans illusion. Ces ruines qui jusqu’à présent n’ont subsisté que dans mon esprit, prolifèrent dorénavant dans l’exaltation la plus primitive.
6.Fall
The city lights suddenly turned off. Huge bolts of lightening are hitting the city, which collapses on itself. Some huge towers whose tops are staggering, are taken down without disturbing my race. I got here. These northern-east hills are prospelling me on the edge of a storm, forgotten by the whole mankind. Cracks in the ground, this wrinkled land, dug by the longest drought known to man, have always been carefully hidden. Now they are unveiled by the wrecking waves, gorging themselves of the waters from the skies. They’re turning into hot springs setting down the clouds of dust raised by the buildings rubble. The black light irradiates the ruins and takes down all form of joy. Here, in front of my eyes, the elements force is building the oasis i dreamt about, desillunioned. These ruins, which until now only remained in my mind, presently thrive in the most primitive exaltation.
7.Arc
LD.KHARST 2011
7.Arc
LD.KHARST – 2011

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